Lourdes, sous l'occupation romaine, était appelée Lapurda.
L'histoire de Lourdes est avant tout celle de son château fort qui a vu passer sous son enceinte Charlemagne, le Prince Noir et Du Guesclin. Après avoir été la résidence des comtes de Bigorre, Lourdes fut livrée aux Anglais par le traité de Brétigny; Charles V la recouvra.
De place forte, le château est devenu prison d'État sous Louis XV; en 1789, l'Assemblée des Etats Généraux ordonne la libération des prisonniers; en 1803, Napoléon en refait une prison d'État; puis, Louis-Philippe en fait une maison d'invalides.
En 1858, la destinée de la petite ville, qui ne comptait alors que 4 000 habitants, allait être bouleversée grâce à Bernadette Soubirous.
Cette humble paysanne de Bigorre, âgée de quatorze ans, vit, le 11 février 1858, une dame mystérieuse et jeune, vêtue de blanc, portant une ceinture bleue où pendait un rosaire, et environnée d'une clarté surnaturelle, lui apparaître dans une anfractuosité de la grotte de Massabielle. Jusqu'au 16 juillet de la même année, les apparitions se renouvelèrent dix-sept fois encore.
Le 25 février, au cours de la neuvième apparition, jaillit pour la première fois, au fond de la Grotte, la source dont les effets miraculeux se manifestèrent aussitôt. Le clergé s'était d'abord enfermé dans une prudente réserve; mais devant l'enthousiasme de la foule, l'évêque de Tarbes, Mgr Laurence, prescrivit une enquête et, en janvier 1862, il put proclamer l'authenticité des apparitions et instituer le culte de Notre-Dame de Lourdes.
En quelques années, Lourdes est devenue le Centre de pèlerinages le plus célèbre de la Chrétienté. Plus de 5 millions de pèlerins et touristes y passent chaque année.
Il est certain que les hommes des premiers âges habitèrent ce coin de Bigorre, comme l'attestent les haches en silex, les pierres taillées et les ossements trouvés dans les grottes des " Espélugues "
Les Gaulois, les Romains, les Barbares et les Maures fortifièrent successivement le rocher de Lourdes où se trouve édifié le Château-Fort.
Une légende entoure d'ailleurs cette antique forteresse.
En l'an 778, Charlemagne, à la tête de son armée, fit le siège du Château-Fort occupé par le Sarrazin MIRAT et ses Maures. Malgré les assauts des Francs, malgré la famine, le Château de Lourdes restait imprenable.
Et voilà que de l'azur surgit un aigle. Il survola le Fort et laissa tomber aux pieds de MIRAT, l'énorme truite qu'il tenait dans son bec.
Rusé, le Maure saisit le poisson et le fit porter à Charlemagne afin de lui faire croire qu'il possédait encore des réserves alimentaires.
Charlemagne s'apprêtait à lever le siège lorsque TURPIN, évêque du PUY-EN-VELAY, compagnon de Charlemagne, eut une inspiration et obtint l'autorisation d'aller parlementer avec l'assiégé. Il proposa à MIRAT de se rendre, non pas au souverain, mais à la Reine des cieux.
La proposition plut au chef Maure qui déposa ses armes aux pieds de la Vierge noire du Puy et se fit baptiser.
Le jour de son baptême, MIRAT prit le nom de LORUS qui, transmis à la ville, devint plus tard LOURDES.
Depuis ce temps, tel est le blason lourdais :
"Ecu de gueules à trois tours d'or, maçonnées de sable sur un roc d'argent; celle du milieu plus haute, surmontée d'un aigle de sable éployé, tenant au bec une truite d'argent, en pointe d'azur aux six montagnes d'argent baignées d'un Gave au naturel".
Au début des années 1850, à la veille des apparitions, Lourdes était un modeste chef-lieu de canton de 4135 habitants.
Le château était occupé par une garnison d'infanterie.
La ville n'était alors qu'une étape pour les curistes attirés par les eaux de Barèges, Cauterets, Luz-Saint-Sauveur et Bagnères-de-Bigorre, et pour les premiers pyrénéistes en route vers Gavarnie, lorsque se produisit l'événement qui bouleversa son histoire.